mercredi 14 novembre 2012
jeudi 1 novembre 2012
A bearing story...
« Bearing » veut dire roulement à bille en anglais
et c’est un mot que j’ai pas mal entendu le 20 octobre dernier, sur la route de
Bangalore à Goa.
L’histoire commence à 5h30 du matin, au départ de Bangalore
pour rejoindre Goa pour une semaine de vacance. Je suis parti tout seul en moto
tandis que mes compères de Bangalore me rejoignaient par petits groupes au fil
de la semaine.
L’objectif de la journée était Gokarna, une superbe plage
près de la frontière avec Goa mais encore dans l’Etat du Karnataka. Même si je
suis confiant sur les 500Km que je m’apprête à avaler (environ 12h de route), j’appréhende
quand même déjà les mésaventures en chemin et les soucis mécaniques...
Je sors de Bangalore à l’aube sans perdre de temps, les rues
sont vides. Je prend tranquillement l’autoroute de Tumkur pour rejoindre ensuite
la route national de Shimoga. Tout se passe bien, je profite du paysage, de l’air
frais et de la moto.
A l’approche de Kadur, les premières vibrations dans la
roues arrières se font sentir. J’ai pourtant bien remis de l’air sur la route.
Je joue au mécano sans diplôme en resserrant quelques boulons, mais les
vibrations s’accentuent jusqu’à devenir vraiment inquiétantes. Ma roue arrière
bat carrément de l’aile et j’ai l’impression que je vais bientôt finir sur les
fesses. Je laisse la moto sur place, un indien me pose au premier mécano 2 Km
plus loin et je reviens avec lui voir la moto... « bearing ! ».
Mes roulements sont explosés. Bon, je suis pas trop mal,
dans les temps, il est 10h du matin et j’ai déjà fait plus de 200km. Ma seule
inquiétude est de réussir à passer les Ghats avant la nuit. Les Ghats
occidentaux c’est une longue chaine de montagnes qui longe la cote du Nord au
Sud. Passage inévitable pour rejoindre la mer, on y trouve de longues routes
sinueuses pas très rassurantes de nuit et surtout sans habitation pendant au
moins 50km...
Heureusement la panne est arrivée juste avant Kadur et pas
sur une route perdu... Le premier mécano ne se sens pas très confiant à l’idée
de travailler sur ma moto et il me dit d’aller voir le « bullet mecanic »
vers la sortie de la ville. Moto toute tremblante, je traverse la ville et
trouve le spécialiste Royal Enfield. Il est super sympa, on démonte le tout
ensemble, il m’explique pleins de trucs, on bois le thé et 2h plus tard ma moto
est prête à repartir après un bon check up. Même si j’étais un peu sceptique sur
la réalisation de mon périple lors des premières vibrations, je savais que la
situation allait s’arranger plus ou moins rapidement... C’est ça l’Inde, tout
problème à sa solution, la patience est la clef... Mettez vous sur le bord de
la route pour regarder votre niveau d’huile, vous pouvez être sur que la
prochaine moto s’arrêtera pour vous demander si tout va bien... Bon en plus c’est
vrai que moi rouquin je passe difficilement inaperçu.
- Hey, made
in USA ?
En croyant
qu’il me parle de la bullet, je lui répond que c’est une moto indienne (banane)...
- No no, you, made in USA ?
- Aaah me!
No me Made in France!
Toute l’équipe
de la boite indienne partenaire dans laquelle je travaille à Bangalore était
parti pour un weekend dans un maison de campagne près de Sagara. Je leur avait
dit que j’essaierais de passer si j’avais le temps, mais je ne savais pas si
cela me ferais faire un gros détour. Ils étaient en faite en plein sur ma route
et de façon assez improbable je les retrouve à Sagara où nous allons tous
déjeuner ensemble dans un magnifique maison entourée de vergers et de forêts.
Un super moment de voir toute l’équipe si loin de Bangalore. A 16h, je dois les
laisser. Je suis à l’entrée des Ghats que je veux absolument traverser de jour.
Sur la route, juste avant les Ghats
En pleine
galère, 30 minutes avant la nuit tombé, avec ma roue qui pars en vrille et
encore tellement loin du prochain point de vie humaine, l’Inde me rattrape...
Entre deux épingles, deux types derrière leur mini-camion vendeur de glace s’agite
en regardant le sol. En me voyant arriver dans le virage, ils me font signe de
m’arrêter, en montrant bien que quelque chose de sympa se trame par là... La
curiosité me fait couper le moteur, mais aussi le fait de pouvoir recevoir un
peu d’aide (il y a aussi le fait de tomber sur des vendeurs de glace dans un
endroit aussi paumé !!). Ils étaient en faite en train de « jouer »
avec un scorpion. Tout fières, ils me font sortir l’appareil... Malheureusement
je n’ai que la bête, j’aurais due tirer toute la scène...
Un jolie point de vue sur la route, dans les Ghats
Je continue en prenant ma situation avec philosophie, en
faite je trouve tout cela très drôle! Après quelques km à m’amuser sur mon état, j’arrive
enfin au fameux village promis et je tombe comme imaginé sur un pauvre
croisement avec quelques shop et vendeurs de thé. Je me vois déjà continuer
encore 30km comme ça mais bien sur je demande... « Mecanic is there ? ».
Il me pointe du doigt l’autre coté de la route et je vois en effet quelques
indiens bricoler sur des pneus. Je trouve le mécano, lui explique mon cas et me
répond en disant que j’ai bien de la chance d’être arrivé jusqu’ici ! Ahah !
Au même moment, un type sortant d’une voiture m’appelle avec
un grand sourire... et là il me sort la sacoche qui était fixer à ma moto, avec
toutes mes fringues dedans... elle était tombé en route, je n’avais rien
remarqué ! Je le remercie comme jamais tandis qu’un profond sentiment de
ridicule m’envahis ! Mon dieu, mais quel rider en carton je fais !! Mais
tout ça me fait encore plus marrer !
Plutôt relax, le
mecano à l’air « confiant ». Il manie bien la bullet, une chance. Je
lui demande directement si il a des roulements en réserve et il me répond le très
classique « Yes, 5 minutes ».
La 2ème panne donc...
Il fait nuit maintenant, j’ai le temps. Je passe 1h30 à
discuter, réparer la moto, partager mes cigarettes et ramener le thé. La
réparation est un peu plus rustique qu’à Kadur, mais sa fera l’affaire. Il est
19h30, je les quittent amicalement et les remercient comme des sauveurs...
Changement d’ambiance, je roule maintenant de nuit, toujours
sous une petite pluie. Au final, la route s’arrange et je sors assez vite des
passages délicats. Sa roule même plutôt bien, et la roue tiens bien. Le seul
problème quand on roule de nuit en Inde c’est que tout le monde roule en plein
phare. La technique c’est de suivre une voiture pour se cacher des phares éblouissants
d’en face et freiner en même temps quand les nids de poules arrivent...
En bullet on double forcement du monde. Mis à part les
grosses voitures, pas grands monde ne suit la cadence quand la route est
défoncé comme c’est le cas de celle qui longe la cote de Honavar à Gokarna.
Mais ce soir là je suis tombé sur un de ces énormes bus Volvo Air conditionné,
la master classe au moteur surpuissant. Dans mon cas, c’était un véhicule de
choix à suivre, et oui, ça vous déblaie la route comme pas possible !!
Mais je crois que je suis tombé sur un malade ! Le bus volait sur la route !
Encore une fois, il fait nuit et la route est défoncée... Je m’accroche à son
sillon pendant un moment. Le voyant s’enfuir dans les lignes droites, je le
rattrape quand il doit doubler des camions. Plein phare et plein klaxon, il
prend les virages à fond... c’est lui... c’est lui le « King de la route ».
Je m’acharne à le suivre pendant 15 minutes, mais même là où tout le monde
roule à 10km/h dans les longues parcelles démontés, lui fonce à 50. Très vite
je ne vois plus son gros arrière blanc, puis plus que ces phares rouges au loin
et plus rien. Mais j’ai vu la terreur des routes indiennes. Malheureusement, un
parmi tant, de ceux qui transporte 50 personnes... N’empêche c’est des pilotes !
J’avale doucement les km, la route semble s’allonger. A
chaque arrêt je gagne 5 voir 10km en demandant. J’ai mon temps, je sais que je
ne serais pas à Gokarna avant 22h. Je me marre tout seul sur ma moto, je
chante, je me refait cette journée mémorable dans la tête en attendant d’atteindre
la plage de Gokarna que je sais magique de ce que l’on m’a dit.
Je décroche enfin de la route principale et m’attaque aux 10
derniers km. J’avais lu et entendu que « Om beach » était la mieux.
Je suis les panneaux jusqu’à m’enfoncer dans une toute petite route vallonnée,
sinueuse et interminable. Il est 22h, j’arrive au bout de la route. L’ampoule sur
le portail de la guesthouse éclaire à peine l’impasse vide de vie... Bip Bip !
Le gardien ouvre lentement la porte... Ca y est, je l’ai fait !! Après
16h30 de route j’ai atteint Gokarna !
Je dégote une petite hutte et file au bar pour m’enfiler la
meilleure bière de ma vie (bon du moins la meilleure Kingfisher, la bière
locale!). Puis direction la plage et ses cocotiers, magnifique de nuit. Je
passe la soirée en compagnie des chiens qui finissent par m’escorter, et un petit
chiot trop mignon.
C’était partit pour 10 jours de vacances à Goa. Palolem le
lendemain avec un soirée pleine de rencontres. Candolim où je rejoins mon coloc
anglais et sa copine. Puis Anjuna pour la réputation de ses soirées trans
(malheureusement ce n’était que le tout début de la saison, donc un peu calme).
On se retrouve enfin réuni au complet à
Arambol, sans doute la meilleure plage de la semaine avec Palolem. Mojito, seafood,
relaxation et baignade (de nuit pour moi !!) au programme...
Entre toutes ces plages, beaucoup de routes sublimes, sans
doute les plus jolies de se que j’ai
fait jusqu’à présent.
Voici quelques photos de la semaine...
Sur la route
Old Goa, une vieille ville portugaise abandonnée à cause de la peste, il ne reste plus que ces énormes églises
Anjuna
Arambol
Le coucher de soleil quotidien, près d'Arambol
Vue du haut des ruines d'un fort portugais, près de Vagator
Un ancien fort magnifiquement rénové en hôtel, tout au nord de Goa, près de Kerim Beach
Ancien fort portugais (Reddi fort), transformé à la Angkor...
Jon enflammé sur la plage d'Arambol... Jon tu bouge trop!
Petite photo souvenir sur la route du retour à Bangalore qui c'est elle passée sans encombre... Après une bonne révision avec un mécano de choc à Arambol, j'ai maintenant l'impression de conduire une nouvelle moto... au top!
Le lien Google Map pour voir le trajet...
https://maps.google.fr/maps?saddr=basappa+road+shantinagar+bangalore&daddr=kadur+to:Sagara,+Karnataka,+India+to:Honavar,+Karnataka,+India+to:Gokarna+to:Palolem+Beach,+South+Goa,+Goa,+India+to:Old+Goa+to:Candolim+to:Anjuna,+Goa,+India+to:Arambol+Beach,+North+Goa,+Goa,+India&hl=en&ll=14.370834,74.825134&spn=0.686441,1.352692&sll=14.322937,75.651855&sspn=2.953602,5.410767&geocode=FRO3xQAd5QigBCkn1XBz0BWuOzF595TrIKBonA%3BFaLJzgAdyMeHBCnPGkIKMOq6OzHTtxP9N_mcPQ%3BFXJB2AAd6u14BClv4inDF4u7OzEVWXaaSOFWXw%3BFSTy2QAdUARwBCkTdNsD8Tq8OzHmeX1uUTffpg%3BFfAD3gAdnPttBClxTApb1oO-OzHAQbt20J_g6Q%3BFQoQ5QAd83hpBCFW4brENTdyzCmVCO7iUEW-OzFW4brENTdyzA%3BFT6F7AAdYcRnBCESPFvyZZKo2Cnxhp1h8r6_OzESPFvyZZKo2A%3BFZ277AAdup1lBCn72ZbKo8G_OzGItae6PQ9A1A%3BFf2-7QAdzEFlBCnBTQjqh-m_OzF-NVsVGgs0TQ%3BFVFU7wAddJ9kBCnpcJ_vUu6_OzEWB_EhJsp53Q&mra=ls&t=m&z=10
mardi 30 octobre 2012
En passant chez le mécano...
Une fin d'après midi, il n'etait pas encore rentré, je l'attend une petite heure à son workshop. J'en ai aussi profiter pour me balader dans le quartier, une petite route juste en face qui longe Madiwala lake. Quelques jolies photos et de beaux sourires...
dimanche 23 septembre 2012
Repète après moi... Devarayanadurga!
Devarayanadurga c’est un très bonne exemple du genre d'endroit où tu es obligé d'aller pour réussir à prononcer le nom en une fois sans regarder la carte
ou le téléphone! Le secret c’est de le dire très vite!
Une bonne balade. Je me suis d’abord bien perdu à l’aller
dans les petites routes mais le trajet
peut aussi se faire par l’autoroute de Tumkur (1h30 environ). Le site est un
temple en haut d’une petite chaine de collines, magnifique...
Arrivé en haut, on tombe sur le parking qui donne accès aux
marches pour monter vers le temple. Beaucoup de touristes indiens, je continue d’abord
un peu plus loin pour trouver un endroit plus calme ou me poser tranquillement.
En roulant doucement sur le plateau, je vois assis en
surplomb de la route, 3 indiens qui me font des signes d’une main, une
bouteille de whisky dans l’autre... Hey! Ok ok, just one! C’était parti pour
2h en compagnie d’une bande d’indiens de Tumkur (la ville d’à côté), amis
depuis l’enfance qui avait l’habitude de se retrouver là-haut, entre hommes, et y échanger quelques verres. D’autres de leurs amis, très organisés, nous rejoignent
ensuite accompagner d’une bonne douzaines de barquettes de riz Biryani (ils
étaient 6...). Moi qui venais de manger, je me retrouve avec 300gr de riz au
mouton sous le nez, avec le regard insistant de mon voisin... « allez allez
faut finir » ! Burp... C’était délicieux, mais j’ai pas réussi!
Le mélange de l’accueil et de la curiosité des indiens font
que ce type de rencontre se produit assez facilement. Particulièrement sur les
sites un peu touristiques où les indiens viennent faire des picnics gentiment
arrosés. En tout cas, ceux là étaient franchement marrants et de profils
divers... avocat, propriétaire de station essence, commerçant, profs...
Je finis par les laisser, un poil pété... Il commençait à
être une peu tard et je n’étais pas encore monté tout en haut voir le temple.
On
y accède par un long escalier et un fois arrivé, on peut continuer pour monter
au sommet. Les photos parleront d’elles mêmes...
Sur la route de Devarayanadurga
Sur la route...
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