jeudi 1 novembre 2012

A bearing story...

« Bearing » veut dire roulement à bille en anglais et c’est un mot que j’ai pas mal entendu le 20 octobre dernier, sur la route de Bangalore à Goa.

L’histoire commence à 5h30 du matin, au départ de Bangalore pour rejoindre Goa pour une semaine de vacance. Je suis parti tout seul en moto tandis que mes compères de Bangalore me rejoignaient par petits groupes au fil de la semaine.

L’objectif de la journée était Gokarna, une superbe plage près de la frontière avec Goa mais encore dans l’Etat du Karnataka. Même si je suis confiant sur les 500Km que je m’apprête à avaler (environ 12h de route), j’appréhende quand même déjà les mésaventures en chemin et les soucis mécaniques...

Je sors de Bangalore à l’aube sans perdre de temps, les rues sont vides. Je prend tranquillement l’autoroute de Tumkur pour rejoindre ensuite la route national de Shimoga. Tout se passe bien, je profite du paysage, de l’air frais et de la moto.

A l’approche de Kadur, les premières vibrations dans la roues arrières se font sentir. J’ai pourtant bien remis de l’air sur la route. Je joue au mécano sans diplôme en resserrant quelques boulons, mais les vibrations s’accentuent jusqu’à devenir vraiment inquiétantes. Ma roue arrière bat carrément de l’aile et j’ai l’impression que je vais bientôt finir sur les fesses. Je laisse la moto sur place, un indien me pose au premier mécano 2 Km plus loin et je reviens avec lui voir la moto... « bearing ! ». 

Mes roulements sont explosés. Bon, je suis pas trop mal, dans les temps, il est 10h du matin et j’ai déjà fait plus de 200km. Ma seule inquiétude est de réussir à passer les Ghats avant la nuit. Les Ghats occidentaux c’est une longue chaine de montagnes qui longe la cote du Nord au Sud. Passage inévitable pour rejoindre la mer, on y trouve de longues routes sinueuses pas très rassurantes de nuit et surtout sans habitation pendant au moins 50km...

Heureusement la panne est arrivée juste avant Kadur et pas sur une route perdu... Le premier mécano ne se sens pas très confiant à l’idée de travailler sur ma moto et il me dit d’aller voir le « bullet mecanic » vers la sortie de la ville. Moto toute tremblante, je traverse la ville et trouve le spécialiste Royal Enfield. Il est super sympa, on démonte le tout ensemble, il m’explique pleins de trucs, on bois le thé et 2h plus tard ma moto est prête à repartir après un bon check up. Même si j’étais un peu sceptique sur la réalisation de mon périple lors des premières vibrations, je savais que la situation allait s’arranger plus ou moins rapidement... C’est ça l’Inde, tout problème à sa solution, la patience est la clef... Mettez vous sur le bord de la route pour regarder votre niveau d’huile, vous pouvez être sur que la prochaine moto s’arrêtera pour vous demander si tout va bien... Bon en plus c’est vrai que moi rouquin je passe difficilement inaperçu.
 
Petite discussion à part... C’est connu, les indiens vous demande « where do you come from ? » à tous les coins de rues. Ce jours là à Kadur, j’ai eu le droit à une variante assez original en buvant le thé...
- Hey, made in USA ?
En croyant qu’il me parle de la bullet, je lui répond que c’est une moto indienne (banane)...
- No no, you, made in USA ?
- Aaah me! No me Made in France!

Toute l’équipe de la boite indienne partenaire dans laquelle je travaille à Bangalore était parti pour un weekend dans un maison de campagne près de Sagara. Je leur avait dit que j’essaierais de passer si j’avais le temps, mais je ne savais pas si cela me ferais faire un gros détour. Ils étaient en faite en plein sur ma route et de façon assez improbable je les retrouve à Sagara où nous allons tous déjeuner ensemble dans un magnifique maison entourée de vergers et de forêts. Un super moment de voir toute l’équipe si loin de Bangalore. A 16h, je dois les laisser. Je suis à l’entrée des Ghats que je veux absolument traverser de jour.

Sur la route, juste avant les Ghats
Je m’attaque donc au Ghats, clairement, le paradis des motards. La route est splendide, mouvementée et entourée par l’unique nature... Malgré un fine pluie, je profite de chaque virage, jusqu’au moment où, vous vous y attendiez surement, une petite vibration apparait dans la roue arrière !! « Naaaaaan, serieuuuuux ! ». A nouveau, mes roulements de roue arrière explosent rapidement en mille morceau et le gros « Krrrrrr » est loin de me rassuré... La situation n’est pas vraiment la même qu’à Kadur, je suis en pleine montagne, sans réseau téléphone et je peux prier un moment avant de trouver un mécano. Même si cette fois je pourrais éventuellement le réparer moi-même, je n’ai bien sur pas les roulements de rechange ni les outils nécessaires...  Je n’ai pas le choix, je continuer dans mon état en roulant à 20Km/h. Je m’arrête tout les km pour voir désespérément si je peux arranger quelque chose, mais je sais très bien le problème. Bien dégouté quand même, le mécano de Kadur avait pourtant fait du bon boulot.

En pleine galère, 30 minutes avant la nuit tombé, avec ma roue qui pars en vrille et encore tellement loin du prochain point de vie humaine, l’Inde me rattrape... Entre deux épingles, deux types derrière leur mini-camion vendeur de glace s’agite en regardant le sol. En me voyant arriver dans le virage, ils me font signe de m’arrêter, en montrant bien que quelque chose de sympa se trame par là... La curiosité me fait couper le moteur, mais aussi le fait de pouvoir recevoir un peu d’aide (il y a aussi le fait de tomber sur des vendeurs de glace dans un endroit aussi paumé !!). Ils étaient en faite en train de « jouer » avec un scorpion. Tout fières, ils me font sortir l’appareil... Malheureusement je n’ai que la bête, j’aurais due tirer toute la scène...

Ils me disent 15 km avant le prochain village. Mais je ne suis toujours pas rassuré à l’idée de trouver rapidement une solution... un mécano, un camion pour charger la bécane, un endroit où dormir au pire (ou au mieux...).

Un jolie point de vue sur la route, dans les Ghats
Une autre rencontre un peu plus loin. Un camion en panne en pleine montée avec 2-3 mécanos venu en rickshaw en train d’essayer de réparer l’embrayage. Je vais voir mais je vois bien que je ne pourrais pas charger la bécane sur le camion remplit à bloc de troncs d’arbres et que le mécano n’y connait rien en moto.

Je continue en prenant ma situation avec philosophie, en faite je trouve tout cela très drôle!  Après quelques km à m’amuser sur mon état, j’arrive enfin au fameux village promis et je tombe comme imaginé sur un pauvre croisement avec quelques shop et vendeurs de thé. Je me vois déjà continuer encore 30km comme ça mais bien sur je demande... « Mecanic is there ? ». Il me pointe du doigt l’autre coté de la route et je vois en effet quelques indiens bricoler sur des pneus. Je trouve le mécano, lui explique mon cas et me répond en disant que j’ai bien de la chance d’être arrivé jusqu’ici ! Ahah !

Au même moment, un type sortant d’une voiture m’appelle avec un grand sourire... et là il me sort la sacoche qui était fixer à ma moto, avec toutes mes fringues dedans... elle était tombé en route, je n’avais rien remarqué ! Je le remercie comme jamais tandis qu’un profond sentiment de ridicule m’envahis ! Mon dieu, mais quel rider en carton je fais !! Mais tout ça me fait encore plus marrer !

Plutôt relax, le mecano à l’air « confiant ». Il manie bien la bullet, une chance. Je lui demande directement si il a des roulements en réserve et il me répond le très classique « Yes, 5 minutes ».

La 2ème panne donc...


Il fait nuit maintenant, j’ai le temps. Je passe 1h30 à discuter, réparer la moto, partager mes cigarettes et ramener le thé. La réparation est un peu plus rustique qu’à Kadur, mais sa fera l’affaire. Il est 19h30, je les quittent amicalement et les remercient comme des sauveurs...

Changement d’ambiance, je roule maintenant de nuit, toujours sous une petite pluie. Au final, la route s’arrange et je sors assez vite des passages délicats. Sa roule même plutôt bien, et la roue tiens bien. Le seul problème quand on roule de nuit en Inde c’est que tout le monde roule en plein phare. La technique c’est de suivre une voiture pour se cacher des phares éblouissants d’en face et freiner en même temps quand les nids de poules arrivent...

En bullet on double forcement du monde. Mis à part les grosses voitures, pas grands monde ne suit la cadence quand la route est défoncé comme c’est le cas de celle qui longe la cote de Honavar à Gokarna. Mais ce soir là je suis tombé sur un de ces énormes bus Volvo Air conditionné, la master classe au moteur surpuissant. Dans mon cas, c’était un véhicule de choix à suivre, et oui, ça vous déblaie la route comme pas possible !! Mais je crois que je suis tombé sur un malade ! Le bus volait sur la route ! Encore une fois, il fait nuit et la route est défoncée... Je m’accroche à son sillon pendant un moment. Le voyant s’enfuir dans les lignes droites, je le rattrape quand il doit doubler des camions. Plein phare et plein klaxon, il prend les virages à fond... c’est lui... c’est lui le « King de la route ». Je m’acharne à le suivre pendant 15 minutes, mais même là où tout le monde roule à 10km/h dans les longues parcelles démontés, lui fonce à 50. Très vite je ne vois plus son gros arrière blanc, puis plus que ces phares rouges au loin et plus rien. Mais j’ai vu la terreur des routes indiennes. Malheureusement, un parmi tant, de ceux qui transporte 50 personnes... N’empêche c’est des pilotes !

J’avale doucement les km, la route semble s’allonger. A chaque arrêt je gagne 5 voir 10km en demandant. J’ai mon temps, je sais que je ne serais pas à Gokarna avant 22h. Je me marre tout seul sur ma moto, je chante, je me refait cette journée mémorable dans la tête en attendant d’atteindre la plage de Gokarna que je sais magique de ce que l’on m’a dit.

Je décroche enfin de la route principale et m’attaque aux 10 derniers km. J’avais lu et entendu que « Om beach » était la mieux. Je suis les panneaux jusqu’à m’enfoncer dans une toute petite route vallonnée, sinueuse et interminable. Il est 22h, j’arrive au bout de la route. L’ampoule sur le portail de la guesthouse éclaire à peine l’impasse vide de vie... Bip Bip ! Le gardien ouvre lentement la porte... Ca y est, je l’ai fait !! Après 16h30 de route j’ai atteint Gokarna !

Je dégote une petite hutte et file au bar pour m’enfiler la meilleure bière de ma vie (bon du moins la meilleure Kingfisher, la bière locale!). Puis direction la plage et ses cocotiers, magnifique de nuit. Je passe la soirée en compagnie des chiens qui finissent par m’escorter, et un petit chiot trop mignon.

C’était partit pour 10 jours de vacances à Goa. Palolem le lendemain avec un soirée pleine de rencontres. Candolim où je rejoins mon coloc anglais et sa copine. Puis Anjuna pour la réputation de ses soirées trans (malheureusement ce n’était que le tout début de la saison, donc un peu calme).  On se retrouve enfin réuni au complet à Arambol, sans doute la meilleure plage de la semaine avec Palolem. Mojito, seafood, relaxation et baignade (de nuit pour moi !!) au programme...
Entre toutes ces plages, beaucoup de routes sublimes, sans doute les  plus jolies de se que j’ai fait jusqu’à présent.

Voici quelques photos de la semaine...



Une des plages de Gokarna
Sur la route








 Old Goa, une vieille ville portugaise abandonnée à cause de la peste, il ne reste plus que ces énormes églises




Anjuna













Arambol



 Le coucher de soleil quotidien, près d'Arambol
 Vue du haut des ruines d'un fort portugais, près de Vagator
 Un ancien fort magnifiquement rénové en hôtel, tout au nord de Goa, près de Kerim Beach


Ancien fort portugais (Reddi fort), transformé à la Angkor...


 Jon enflammé sur la plage d'Arambol... Jon tu bouge trop!


Petite photo souvenir sur la route du retour à Bangalore qui c'est elle passée sans encombre... Après une bonne révision avec un mécano de choc à Arambol, j'ai maintenant l'impression de conduire une nouvelle moto... au top!






Le lien Google Map pour voir le trajet...
https://maps.google.fr/maps?saddr=basappa+road+shantinagar+bangalore&daddr=kadur+to:Sagara,+Karnataka,+India+to:Honavar,+Karnataka,+India+to:Gokarna+to:Palolem+Beach,+South+Goa,+Goa,+India+to:Old+Goa+to:Candolim+to:Anjuna,+Goa,+India+to:Arambol+Beach,+North+Goa,+Goa,+India&hl=en&ll=14.370834,74.825134&spn=0.686441,1.352692&sll=14.322937,75.651855&sspn=2.953602,5.410767&geocode=FRO3xQAd5QigBCkn1XBz0BWuOzF595TrIKBonA%3BFaLJzgAdyMeHBCnPGkIKMOq6OzHTtxP9N_mcPQ%3BFXJB2AAd6u14BClv4inDF4u7OzEVWXaaSOFWXw%3BFSTy2QAdUARwBCkTdNsD8Tq8OzHmeX1uUTffpg%3BFfAD3gAdnPttBClxTApb1oO-OzHAQbt20J_g6Q%3BFQoQ5QAd83hpBCFW4brENTdyzCmVCO7iUEW-OzFW4brENTdyzA%3BFT6F7AAdYcRnBCESPFvyZZKo2Cnxhp1h8r6_OzESPFvyZZKo2A%3BFZ277AAdup1lBCn72ZbKo8G_OzGItae6PQ9A1A%3BFf2-7QAdzEFlBCnBTQjqh-m_OzF-NVsVGgs0TQ%3BFVFU7wAddJ9kBCnpcJ_vUu6_OzEWB_EhJsp53Q&mra=ls&t=m&z=10

mardi 30 octobre 2012

En passant chez le mécano...


Voici une petite série de photos prise lors d'un passage chez Savannah, mon mécano régulier à Bangalore. J'aime beaucoup cette endroit. Y'a de la vie... le vendeur de poulet à côté, le petit temple derrière, le vendeur de thé à deux pas, tout les motards plus ou moins en "détresse" qui s’arrêtent et bien sur Savannah et son fils Babu de 3 ans, futur "Bullet mecanic"!
Une fin d'après midi, il n'etait pas encore rentré, je l'attend une petite heure à son workshop. J'en ai aussi profiter pour me balader dans le quartier, une petite route juste en face qui longe Madiwala lake. Quelques jolies photos et de beaux sourires...


























L'indice Only in India!



Grâce à quel indice flagrant peut-on deviner que cette photo a été prise en Inde?... Vraiment c'est frappant!!...
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C'est bien sur grâce au Super Porte Batte de Cricket que vous pouvez voir magnifiquement attaché au vélo derrière... Hé oui... si ça c'est pas du Only in India!

à BTM, Bangalore

dimanche 23 septembre 2012

One Two

Je n'avais jamais remarqué... je suppose que c'est lié au 30-40% d’analphabétisme en Inde... une autre hypothèse? Les pièces de 1 et 2 roupies ne sont pas toutes comme celles là.

Tu veux bien changer l'ampoule s'il te plait?...

On trouve pas mal de street-light alimentés avec un panneau solaire... mais celui là je le trouve particulièrement drôle... je plains les gars de la maintenance, si maintenance il y a... Au moins on leur piquera par leur panneau une 2ème fois!

Repète après moi... Devarayanadurga!



Devarayanadurga c’est un très bonne exemple du genre d'endroit où tu es obligé d'aller pour réussir à prononcer le nom en une fois sans regarder la carte ou le téléphone! Le secret c’est de le dire très vite!

Une bonne balade. Je me suis d’abord bien perdu à l’aller dans les petites routes  mais le trajet peut aussi se faire par l’autoroute de Tumkur (1h30 environ). Le site est un temple en haut d’une petite chaine de collines, magnifique...

Arrivé en haut, on tombe sur le parking qui donne accès aux marches pour monter vers le temple. Beaucoup de touristes indiens, je continue d’abord un peu plus loin pour trouver un endroit plus calme ou me poser tranquillement.

En roulant doucement sur le plateau, je vois assis en surplomb de la route, 3 indiens qui me font des signes d’une main, une bouteille de whisky dans l’autre... Hey! Ok ok, just one! C’était parti pour 2h en compagnie d’une bande d’indiens de Tumkur (la ville d’à côté), amis depuis l’enfance qui avait l’habitude de se retrouver là-haut, entre hommes, et y échanger quelques verres. D’autres de leurs amis, très organisés, nous rejoignent ensuite accompagner d’une bonne douzaines de barquettes de riz Biryani (ils étaient 6...). Moi qui venais de manger, je me retrouve avec 300gr de riz au mouton sous le nez, avec le regard insistant de mon voisin... « allez allez faut finir » ! Burp... C’était délicieux, mais j’ai pas réussi! 

Le mélange de l’accueil et de la curiosité des indiens font que ce type de rencontre se produit assez facilement. Particulièrement sur les sites un peu touristiques où les indiens viennent faire des picnics gentiment arrosés. En tout cas, ceux là étaient franchement marrants et de profils divers... avocat, propriétaire de station essence, commerçant, profs...

Je finis par les laisser, un poil pété... Il commençait à être une peu tard et je n’étais pas encore monté tout en haut voir le temple. 
On y accède par un long escalier et un fois arrivé, on peut continuer pour monter au sommet. Les photos parleront d’elles mêmes...

Sur la route de Devarayanadurga
 Sur la route...